La souffrance muette des femmes

Dernière mise à jour : 19 mai


Pourquoi les hommes ne se sentent pas concernés par les règles des femmes ? Et en quoi cela diminue leur identité, leur légitimité à dire qui elles sont.


Quelle sensation étrange de découvrir quelque chose qui est déjà là sous nos yeux et invisible à la fois.


De redécouvrir sa femme alors qu'elle n'est pas là.

De comprendre sa femme alors qu’elle n’est pas là.

La première réaction que j’ai eu est de me sentir « nul ».

Comment n’avais-je pas remarqué avant que ma femme souffrait en silence ?

Chaque mois, elle souffre. Et moi, rien de spécial.

Chaque mois, elle prend sur elle. Et moi, rien de spécial.

Si, je suis un peu emmerdé qu’elle soit moins disponible, émotionnellement plus irritable. Mais fondamentalement, rien de spécial.

Chaque mois se répète à côté de moi le même cycle et moi ça ne change quasi rien de ma vie.

Ce cycle, c’est le cycle menstruel et les fameuses règles dont, en tant qu’homme, je reste éloigné.

Pendant ce cycle, ma femme se tait. Fait avec.


Elle « fait avec ».


Bien sûr, elle me le dit. Plus pour calmer mes ardeurs et envies de sexe.

Ce que je découvre est le système dans lequel elle vit. « Ne dis rien. Prends sur toi. ».

Je me rappelle les moments rares où je me mets en colère contre elle « Mais pourquoi tu ne l’as pas dit, si tu l’avais senti ?? »


Et je reçois un « Je ne sais pas. Je pensais que tu savais. »


Au fil des années, pendant ces rares moments, je me suis énervé qu’elle ne me dise pas ce qu’elle pensait. Je voyais bien qu’il y avait quelque chose de plus profond.

Et puis, quand j’étais malade, quand j’étais HS, moi j’allais me reposer, m’allonger direct. Elle ne comprenait pas bien « Bon ça va. Ce n’est pas si grave. Vous les hommes… » Moi j’étais HS et je prenais soin. Je sais que je me rétablis plus vite après.

Et enfin, j’ai compris ce week-end.

Elle vit dans ce système invisible, le patriarcat, qui dit aux femmes de prendre sur elles, de ne rien dire.

Pire encore, non seulement, elles ne peuvent pas dire qu’elles ont mal. Mais elles sont montrées du doigt quand elles sont « chiantes ». Quand le dérèglement hormonal qu’elles vivent, leur fait traverser des émotions compliquées.

Elles finissent par se voir comme « chiantes ». Et on ne parle pas, plus des règles.

Elles attendent que ça passe. Elles diminuent leur identité, leur légitimité à dire qui elles sont. Et moi, je ne vois rien.

Et du coup aujourd’hui, je comprends que ma femme s’habitue, sans qu’elle le sache elle-même, à ce que les besoins des hommes soient plus importants.


Que le besoin d’être « pas embêté » par la supposée « chiantitude » de la femme est plus important que le soutien dont elle aurait besoin. L’homme est privilégié. Je suis privilégié.

Et je ne parle pas des abroutis, non pardon, des ABROUTIS !!! de gynéco, des médecins, des personnels médicaux qui n’écoutent pas les femmes, qui ne soutiennent pas les femmes quand elles parlent de leurs règles. « C’est normal la douleur Madame. Faites comme tout le monde. Prenez sur vous. ».

Ma mère ne m’a jamais vraiment parlé de ses règles. Ma première femme pas trop non plus. Et mon père clairement jamais.


Si les hommes avaient des règles, nous ferions clairement différemment !

Avec Stéphanie Pasquet, de stephanieetmahdi.com, nous avons envie de proposer quelque chose pour honorer, prendre soin et impliquer les membres de la famille à faire des règles un moment de connexion, de douceur, de transformation des tensions, d’harmonisation familiale.


Nous sommes en train de créer un sondage pour vous interroger et affiner notre proposition.


Hier, j’avais ma fille sur mes genoux et je lui ai dit : « Tu sais, papa est en train de travailler à rendre ta future vie de femme meilleure. »

Avec Amour et Compassion pour les femmes, les hommes,

Mahdi

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